Ce jeudi avait lieu à Boucherville la réunion
du Conseil provincial des sociétés d’État et organismes publics
québécois du SCFP. En plus de traiter leurs affaires courantes, les
quelque 40 représentants syndicaux en ont profité pour faire le
point sur le budget du ministre des Finances Nicolas Marceau déposé
le 20 novembre. Comme ce budget prévoit une croissance des dépenses
globales de 1,8% dont 4,8% pour le secteur de la santé, les
syndicalistes réunis ont manifesté leur inquiétude vis-à-vis de
compressions possibles dans leurs milieux de travail. Venu discuter
d’actualité politique et de communication avec les participants, le
chroniqueur vedette Jean Lapierre a dit partager cette inquiétude.
«Ils vont couper où? Les salaires
sont déjà négociés. Ils vont faire quoi, vendre les meubles? [...]
La seule manière dont ils vont pouvoir couper, ça risque d’être sur
votre dos. La seule façon de le faire serait de rouvrir vos
conventions collectives», a-t-il averti. Les participants à
la rencontre provenaient d’une douzaine de sections locales du SCFP
issues, par exemple, de la Société des casinos du Québec, du Centre
de recherche industrielle du Québec (CRIQ), des entrepôts de la
Société des alcools du Québec (SAQ), de la Société immobilière du
Québec (SIQ), de la Société québécoise d’information juridique
(SOQUIJ), de la Société de développement des entreprises
culturelles (SODEC), etc. Au fil de leurs travaux, ils ont
notamment adopté le budget 2013 de leur secteur, préparé des
résolutions pour le congrès 2013 du SCFP-Québec et pris
connaissance des rapports des sections locales et du comité jeunes.
Les surveillants du Service des loisirs de
Saint-Augustin-de-Desmaures ont un nouveau contrat de travail.
Signé le 21 novembre, il couvre la période du 1er janvier 2012 au
31 décembre 2015, pour une durée de quatre ans. Les quelque 30
syndiqués vont bénéficier sur cette période d’augmentations totales
qui seront fixées entre 8,5 et 9%. De plus, une majoration de 14%
des échelles salariales a été négociée par la section locale 2621
du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Ces employés,
souvent des jeunes, ont pour fonction de veiller au bon
fonctionnement des installations de loisirs de la municipalité:
ouverture et fermeture des bâtiments, surveillance, nettoyage, etc.
Les deux parties étaient parvenues à une entente de principe le 28
septembre. Par la suite, les syndiqués avaient voté à l’unanimité
pour l’entériner. «Je suis très
fier de cet exécutif syndical composé de jeunes hommes et jeunes
femmes qui négociaient une convention collective pour la première
fois de leur vie. Ils ont agi avec efficacité pour obtenir une
bonne entente pour leurs membres», a commenté Benoit
Gosselin, le conseiller syndical responsable du dossier au SCFP.
Deux syndicats importants représentant les
travailleurs de la Société Radio-Canada ont sommé le CRTC d’envoyer
un message clair au gouvernement Harper: Radio-Canada est
essentielle à la mise en œuvre de la Politique canadienne de
radiodiffusion et elle doit bénéficier d’un financement public
stable, suffisant et récurrent pour jouer correctement son rôle. Le
Conseil provincial du secteur des communications (CPSC) du SCFP
s’est associé au Syndicat des technicien(ne)s et artisan(e)s du
réseau français de Radio-Canada (STARF) pour une intervention
commune devant le Conseil. «C’est
simple. Sans financement stable et pluriannuel, un radiodiffuseur
public ne peut pas présenter une programmation originale et
diversifiée, conçue pour le public et non pour les
annonceurs», a soutenu Richard Labelle, président du CPSC.
«Les Canadiens veulent un
radiodiffuseur public fort qui offre une information indépendante
et de grande qualité», a expliqué Benoît Celestino,
président national du STARF.
Le SCFP-Québec est en deuil. Le militant et
formateur de longue date Daniel Morin, 57 ans, est décédé d’un
cancer. Le 5 novembre au matin, il était encore en classe et
donnait ce qui allait être son dernier cours de formation. Son mal
a été fulgurant. Il a reçu son diagnostic mercredi dernier 14
novembre. Malgré des traitements d’urgence, il a succombé six jours
plus tard. Des centaines et des centaines de membres l’ont côtoyé
au fil des ans. Nul doute qu’ils se joindront à nous pour exprimer
à la famille, aux proches et aux amis de Daniel tout notre soutien
dans cette épreuve. Un formateur
aguerri Ces dernières années, Daniel Morin était très actif
au sein du service de la formation du SCFP. Comme on sait, au
SCFP-Québec, la formation syndicale se fait de militant à militant.
Travaillant souvent dans l’ombre, les formateurs et formatrices
portent sur leurs épaules la grande responsabilité de former les
membres et de transmettre les valeurs de partage et de solidarité
qui caractérisent notre mouvement. Daniel était l’un de ces
précieux formateurs depuis 2002. Coordonateur du service de la
formation, Daniel Legault a déclaré que son «service perd un militant des plus appréciés
et les formatrices et formateurs un collègue et un coach toujours
prêt à les aider et à les soutenir.Personnellement, a-t-il ajouté,
je perds un collègue et ami avec
qui je partageais une passion commune pour le métier de formateur
syndical.»
Les quatre principaux syndicats
d’Hydro-Québec, qui représentent environ 17,500 travailleuses et
travailleurs, sont très déçus du budget Marceau déposé mardi. Ils
considèrent que l’élimination de 2000 emplois à la société d’État
reflète un manque d’imagination du gouvernement Marois. Pour eux,
l’élimination de près de 9% de la main-d’œuvre d’Hydro-Québec aura
des conséquences sur la qualité du service, la sécurité du réseau
et la rentabilité de l’entreprise, en plus d’ouvrir la porte à une
privatisation graduelle. «Ce
budget rate la cible: au lieu d’aborder le problème par les gains
d’efficacité, il s’en prend à des employés essentiels à la force
d’Hydro-Québec», a déploré Ginette Paul, présidente du
secteur Énergie du SCFP-Québec.
À la Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec (FTQ), la déception est grande. Présent à
Québec pour l’étude des documents budgétaires, le président de la
centrale syndicale, Michel Arsenault, n’a pas hésité à montrer son
désappointement à l'égard d'un budget visiblement fabriqué pour
plaire aux agences de notation et aux partis de l’opposition.
«Le budget 2013-2014 présenté
aujourd’hui par Nicolas Marceau est loin de répondre à nos
attentes. Oui, il est question de redevances minières, de deuxième
et de troisième transformation, de stimulation de l’investissement,
mais toutes les marges éventuellement dégagées sont promises au
Fonds des générations. Après l’obsession du déficit zéro, on est en
train d’assister à l’obsession de la réduction de la dette,
soi-disant pour des raisons intergénérationnelles. Mais le meilleur
héritage qu’on peut laisser aux générations actuelles et futures,
c’est une société qui peut leur assurer de bons emplois, des
activités économiques prometteuses ainsi que des systèmes publics
de santé et d’éducation de qualité, où l’État joue pleinement son
rôle.«Réserver au Fonds
des générations l’ensemble des redevances minières, les revenus
associés à la taxation des boissons alcoolisées, les économies
liées à la fermeture de la centrale Gentilly-2 ainsi que les sommes
recueillies à même l’indexation du prix de l’électricité
patrimoniale, ça n’a aucun bon sens. Ajoutez à cela la réduction de
1,5 milliard de dollars par année dans les dépenses
d’infrastructures, et vous avez tous les ingrédients pour flatter
dans le bon sens du poil les Standard and Poor’s ou Moody’s de ce
monde, pour qui les bilans financiers priment sur la production et
la distribution réelles de la richesse.
Lundi soir, des centaines de personnes se sont
rassemblées devant l’hôtel de ville de Montréal pour rappeler au
nouveau maire que malgré son court mandat, il doit, une fois pour
toutes, régler la question de l’équité salariale. Le maire
Applebaum doit s'en remettre à la décision de la Commission de
l'équité salariale, tout comme le maire sortant s'était engagé à le
faire. Armés de ballons roses symbolisant l’équité, les
participants ont sommé la nouvelle direction de la Ville de ne pas
se dégonfler face à la Loi sur l’équité salariale. «L’équité salariale a été réglée pour la
majorité des femmes au Québec, c’est maintenant l’heure pour les
travailleuses et les travailleurs de la Ville. Cela fait 11 ans que
nous travaillons sur le dossier», d’indiquer Francine
Bouliane, secrétaire générale du Syndicat des fonctionnaires
municipaux de Montréal. «Le
nouveau maire sera en poste un an seulement, mais il aura beaucoup
de pain sur la planche. Il devra certes s’occuper de la corruption
et de la collusion, mais il devra aussi s’occuper des milliers de
personnes qui ont subi la discrimination salariale.»Décision favorable pour le
syndicat La position de la Ville est que les femmes en
progression dans leur échelle salariale n’auront droit à l’équité
que lorsqu’elles seront au maximum de leur classe. Le syndicat a
maintenu, depuis le début de ce différend, que les correctifs
devaient s’appliquer à toutes les personnes qui occupent ou ont
occupé un emploi, et ce depuis le 21 novembre 2001. La Ville a reçu
le préavis de la décision de la Commission de l’équité salariale en
septembre dernier, et celui-ci penche en faveur du Syndicat.
Pour la première fois en 13 ans, le Conseil de
la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC)
lance demain une audience publique fort attendue pour le
renouvellement des licences de Radio-Canada. Le Conseil provincial
du secteur des communications (CPSC) du Syndicat canadien de la
fonction publique (SCFP) comparaîtra devant l’organisme
réglementaire dans le cadre de cette audience, et avec d’autres
partenaires, il mettra au cœur de sa présentation un énoncé de
principes visant à assurer une radiodiffusion publique saine au
Canada. «L’énoncé de principes
stipule que la Société Radio-Canada a besoin d’un financement
public stable et récurrent» a indiqué Isabelle Doyon,
présidente du SCFP 675 qui représente des travailleurs
professionnels et de bureau. «C’est vraiment la première condition à
remplir afin que le diffuseur public puisse accomplir son mandat
tel qu’il est défini par la Loi.» La preuve n’a plus besoin
d’être faite, le secteur des communications s‘est métamorphosé
durant les 13 dernières années. Les plateformes de diffusions se
sont multipliées et Radio-Canada a dû se diversifier tout en
restant pertinente.
Les travailleurs des stations de radio CIMF et
CKTF, deux divisions d’Astral Média radio à Gatineau, ont reconduit
leur convention collective pour une année. Le contrat de travail
prenait fin le 31 août dernier et est donc reconduit jusqu’au 1er
septembre 2013. La section locale représente une vingtaine de
membres. Lors de l’assemblée générale spéciale tenue le 12 novembre
dernier, les membres ont accepté à 100% le rapport du comité de
négociation. L’entente prévoit une augmentation salariale de 2%
pour cette année avec rétroactivité. Les grilles salariales ont été
ajustées. De plus, l’employeur cotisera 1% de plus de la masse
salariale régulière au régime d’épargne-REER du Fonds de solidarité
des travailleurs et travailleuses de la FTQ.
La Ville de Québec et ses cols bleus n’ont pas
réussi à s’entendre sur les dédommagements découlant de la décision
arbitrale du 9 octobre. Des pourparlers tenus à cet effet
aujourd’hui ont échoué. Conséquemment, les parties retourneront
devant Me Denis Gagnon à une date non encore déterminée pour lui
demander d’établir ces correctifs. Dans sa décision du mois
dernier, Me Denis Gagnon donnait raison aux employés manuels,
affiliés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP 1638).
Il a confirmé qu’en 2009-2010 et 2010-2011, la Ville a eu recours à
la sous-traitance sans respecter la convention collective quant au
maintien de la quantité de travail devant être effectuée par les
cols bleus. Dans un premier temps, l’arbitre a laissé les parties
tenter de déterminer ensemble quels seront les dédommagements.
Comme cette étape a échoué, c’est l’arbitre qui devra maintenant
trancher. Les cols bleus sont au nombre d’environ 1350 et n’avaient
pas exercé de droit de grève depuis plus de 25 ans. Depuis le 24
mai, ils sont en grève légale des heures supplémentaires, le tout
encadré par les dispositions sur les services essentiels. Ils sont
sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2010. Les
négociations entre la Ville de Québec et les cols bleus ont
commencé en février 2011. En novembre 2011, ces derniers ont
demandé l’intervention d’un conciliateur du ministère.