Réunis le 23 mai dernier, les cols bleus et
blancs de la municipalité de Saint-Côme, dans Lanaudière, ont pris
connaissance de leur première convention collective, résultant
d’une sentence arbitrale. Ce contrat de travail s’applique à la
fois aux 10 cols bleus réguliers, aux trois temporaires et aux huit
cols blancs, tous membres de la section locale 4979 et ce, deux ans
après leur accréditation syndicale du 15 février 2010.
«Il ne fut pas facile d'obtenir
cette première convention collective, l'employeur ayant démontré
son mécontentement face à la syndicalisation», explique
Sylvie Turcot, conseillère syndicale au dossier. «Nous sommes passés par la négociation, la
conciliation, la médiation puis l'arbitrage.» Ce premier
contrat de travail comprend des augmentations salariales pour 1% en
2011 et de 2,5% pour 2012, 2013 et 2014, ainsi que l’ajustement
pour l'équité salariale. La convention inclue également sept congés
annuels, des congés sociaux, la reconnaissance de l’ancienneté, la
possibilité de reprendre le temps supplémentaire effectué en temps
remis ainsi qu’une définition claire du fonctionnement de l’équipe
de déneigement.
Le Syndicat des chauffeurs d'autobus,
opérateurs de métro et employés des services connexes au transport
de la STM (SCFP 1983) a pris fermement position au sujet de la loi
78 cette semaine. L’initiative a été largement saluée dans les
médias sociaux. Le mardi 22 mai en début de journée, c’est
l’exécutif de la section locale qui a dénoncé unanimement
l’adoption de cette loi votée le 18 mai dernier dans le but de
réprimer la contestation étudiante. Sur le site web de la section
locale, l’une des plus grandes du SCFP au Québec avec ses quelque
4300 membres, on peut lire: «Cette loi sans précédent fait en sorte qu’il
est désormais nécessaire d’avoir l’autorisation des forces
policières pour tout rassemblement de plus de 50 personnes. Une
telle exigence brime le droit fondamental qu’ont les citoyens de
s’exprimer et de manifester librement en public. Ultimement, cette
loi pourrait nuire aux actions prises par le mouvement syndical. Il
pourrait devenir très difficile, par exemple, de manifester à
l’avenir contre les PPP. Souvenez-vous des manifestations de 2005
auxquelles près de 1000 membres du 1983 avaient participé.
Aujourd’hui, ces démonstrations d’insatisfaction seraient
illégales…»
C’est plus de 250,000 personnes qui ont envahi
les rues de Montréal ce 22 mai pour souligner les 100 jours de la
grève étudiante. Les manifestants ont aussi exprimé haut et fort
leur opposition à la loi 78, surnommée « la loi matraque » à cause
des effets dévastateurs de certaines clauses sur les droits
fondamentaux d’association et d’expression. «Comme cette loi porte atteinte aux libertés
civiles et menace notre démocratie, il est de notre devoir de la
contester», indique Denis Bolduc, secrétaire général du
SCFP-Québec, présent lors de cet événement historique. Parmi les
gens réunis suite à l’invitation de la CLASSE et des syndicats
réunis au sein de l’Alliance sociale, d’importants contingents
venus de la FEUQ, de la FECQ et de la TACEQ ont grossi les rangs.
Loin de regrouper seulement des associations étudiantes, la foule
colorée de rouge pour l’occasion se composait aussi de partis
politiques, de groupes de pression, d’artistes engagés, mais aussi
de simples citoyens en colère, souvent venus en famille. Le SCFP y
était fièrement représenté par plusieurs de ses sections locales.
La Ville de Chambly s’est entendue avec ses 10
brigadiers scolaires réguliers et ses trois temporaires, tous
représentés par la section locale 1689 du SCFP. Sans contrat de
travail depuis le 31 décembre 2011, les brigadiers ont signé une
convention collective couvrant les sept prochaines années. En plus
d’une hausse salariale moyenne de 3,03% par année (atteignant au
total 21,5%, indexé à l’IPC), les congés de maladie ainsi que les
vacances ont été bonifiés. Mentionnons également que la prime
annuelle pour les vêtements servant aux brigadiers pour effectuer
leur travail est passée à 400$ et suivra l’augmentation de salaire
annuelle Le conseiller SCFP au dossier, M. Carl Dubé, n’est pas peu
fier des négociations : «J’espère
que ce règlement inspirera les villes avoisinantes, comme
Saint-Lambert, à s’engager dans une voie similaire»,
précise-t-il.
Le SCFP lance une invitation à tous ses
membres de se joindre à la FTQ et ses affiliés pour la
manifestation du 22 mai à Montréal. Cette participation se fera
sous la bannière de l'Alliance sociale. Malheureusement, aucun
service de transport vers Montréal n'a pu être mis en place. Par
conséquent toutes et tous devront s'y rendre par leurs propres
moyens. Compte tenu des événements récents et surtout de l’adoption
de la Loi 78 à Québec, il nous apparaît important d’être présents
lors de la manifestation organisée par la CLASSE le 22 mai prochain
et à laquelle se joindra la FEUQ. Vendredi matin, les dirigeants de
la FTQ, de la CSN et de la CSQ ont condamné dans les termes les
plus forts les abus du projet de loi spécial 78. Une loi qui porte
atteinte aux libertés civiles et qui menace notre démocratie selon
les porte-parole des organisations syndicales. Par contre, il est
également essentiel de ne pas exposer inutilement nos militants et
nos organisations aux mesures répressives de ce projet de loi. Nous
avons donc informé les responsables de la CLASSE de notre intention
de nous joindre à eux le 22 mai à 14 h, que nous aurions notre
propre itinéraire et que les autorités municipales seraient
informées comme nous le faisons à chacune de nos manifestations. De
plus, nous aurons notre service d’ordre. Cela convenait aux
organisations étudiantes.
Vendredi matin, les dirigeants de la FTQ, de
la CSN et de la CSQ ont condamné dans les termes les plus forts les
abus du projet de loi spéciale 78. «Il est des plus clair, depuis le dépôt du
projet de loi spéciale hier, que le premier ministre du Québec,
Jean Charest, n'est ni le premier ministre de la Jeunesse ni celui
de la négociation, mais bien celui de la répression tous azimuts.
Comment expliquer notamment qu'il s'attaque avec virulence aux
enseignants, aux chargés de cours et au personnel de soutien des
cégeps et des universités, les traitant ni plus ni moins comme des
bandits et les visant comme s'ils étaient en arrêt de travail? Nous
ne voyons là que la poursuite des coups de force qu'il a faits lors
de la négociation du secteur public en 2005. Il est plus habile à
mener la répression que la négociation. Il s'agit plutôt d'une
législation qui a pour objectif réel de contrer tout mouvement de
contestation allant à l'encontre de la volonté gouvernementale et
non pas de rétablir un climat serein», selon les
porte-parole syndicaux Michel Arsenault, Louis Roy et Réjean
Parent.
Le 17 mai dernier, c’était jour de signature à
l’École nationale d’administration publique (ÉNAP). En effet,
syndicat et employeur se sont entendus sur une nouvelle convention
collective, ratifiée par les 86 membres de la section locale
SCFP-4574 qui regroupe les employés de soutien, techniques et
métiers et service.
«Après deux ans de négociations,
nous sommes fiers du résultat», affirme Sylvain Massé,
président du syndicat. «La
convention collective a été adoptée à l'unanimité par nos
membres.»
Le contrat de travail s’échelonne sur la période comprise entre le
1e juin 2010 et le 31 mai 2013. Parmi les gains intéressants,
notons une augmentation de salaire de 7,25% sur trois ans, l’ajout
d’une prime pour le technicien qui dirige le travail d'un collègue
ainsi que l’augmentation des jours de vacances et des congés
sociaux.
La présidente et le secrétaire général du
SCFP, présentement en tournée à travers le Québec pour des
rencontres informelles avec les sections locales, se sont arrêtés à
Trois-Rivières jeudi. Ils en ont profité pour faire la promotion de
la campagne SCFP sur les régimes de retraite. Dans des annonces
radio et dans les journaux, le SCFP aborde avec les Mauriciens les
sujets de la pauvreté chez les retraités et du financement de la
retraite. «La question du
financement de la retraite est un enjeu social de première
importance », explique Lucie Levasseur, présidente du
SCFP-Québec. «Le mouvement
syndical fait de cet enjeu le combat de l’heure!»Campagne radio C’est facile
de dire n’importe quoi sur le déficit de certaines caisses de
retraite. C’est une question complexe… Les travailleurs se sont
payé ces régimes. Ils l’ont fait parce que les rentes du Québec
sont insuffisantes.» Pendant tout le mois de mai, des dizaines de
milliers de Québécois entendront ce message à la radio.
Les chefs des trois centrales syndicales,
Michel Arsenault, président de la Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec (FTQ), Louis Roy, président de la
Confédération des syndicats nationaux (CSN), et Réjean Parent,
président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), ont lancé
un ultime appel à la négociation. «Il est de la responsabilité du gouvernement
de tout mettre en œuvre pour régler la situation sans avoir recours
à une loi spéciale. Le premier ministre doit privilégier une
solution négociée plutôt qu’imposée», ont affirmé les trois
leaders syndicaux. Les chefs des centrales se sont montrés
particulièrement inquiets du message de fermeture que le
gouvernement envoie à la jeunesse québécoise et ils demandent au
premier ministre de tenter l’impossible. « Nous en appelons au
premier ministre afin qu’il rencontre les représentants étudiants.
Nous déplorons que le premier ministre, également ministre
responsable des dossiers concernant la jeunesse, ne l’ait jamais
fait, et nous croyons que les citoyens le lui reprocheront », ont
ajouté les trois chefs.
«Quatorze
semaines plus tard, avec le dépôt d’un projet de loi spéciale, nous
reprochons au gouvernement libéral de dénier véritablement non
seulement la réalité, mais la démocratie. C’est la démonstration de
son incapacité de gérer convenablement une crise sociale. Nous
croyons qu’au lieu de permettre d’éviter les perturbations, un tel
geste envenimera encore plus le climat et accroîtra la division
dans la population. Nous demandons au gouvernement, et à son
premier ministre, de mettre son projet de loi sur la glace et de
tout faire pour en arriver rapidement à un règlement négocié de la
crise. Hier soir, cela semblait atteignable», ont déclaré
les présidents de la CSN, de la CSQ et de la FTQ. Le refus du
gouvernement d’engager rapidement un dialogue avec les associations
étudiantes au début de la grève et le choix de faire ses premières
offres directement sur la place publique, sans discussions
préalables avec les étudiants, on le sait, n’ont fait qu’enflammer
la colère. Il aura fallu pratiquement dix semaines pour avoir de
premiers échanges sérieux. La maladresse au lendemain d’une entente
n’a fait que susciter la méfiance. Finalement, peu d’heures ont été
consacrées pour débattre avec les étudiants et, ne l’oublions pas,
jamais le gouvernement n’a voulu mettre au jeu directement la
question de la hausse des droits de scolarité. Cette dernière est
la raison qui a amené des dizaines de milliers d’étudiants à voter
en faveur de la grève et qui a déclenché non seulement les plus
grandes manifestations que le Québec ait connues, mais une
mobilisation soutenue.