Nouvelle
2012-08-26 13:51
Cri du coeur de deux anciens dirigeants
syndicaux d'Air Transat
Photo Michel Chartrand
Et vive le
Fonds de solidarité!
Pour permettre de sauver Air Transat d’une faillite plus que
probable au début des années 90, tu as accueilli à bras ouverts
l’investissement du Fonds de solidarité de la FTQ. Par cet
investissement, le partenariat s’est accentué et diversifié. Te
souviens-tu d’avoir accepté «avec honneur» la présidence du conseil
d’administration du Fonds régional de solidarité
Laurentides-Lanaudière ?
Tout au long de tes années à la présidence d’Air Transat, tu n’as
cessé de marteler que le syndicat du personnel de cabine était un
partenaire important et nécessaire au succès de la compagnie.
Lorsque la compagnie a connu des années difficiles, les membres du
SCFP ont fait preuve de flexibilité; tu vantais alors la bonne
entente entre les différents syndicats et la partie patronale, qui
savaient reconnaître les besoins de flexibilité financière pour
permettre à Air Transat de poursuivre sa croissance.
Rappelle-toi que, lors de la deuxième négociation, tu exigeais des
concessions salariales de 7% pendant qu’un bonus plus que généreux
t’était versé. Tu invoquais une décision du conseil
d’administration hors de ton contrôle pour justifier ce versement.
Tu appréciais d’avoir un seul et unique interlocuteur qui parlait
au nom de tout le personnel de cabine. Cela te permettait de
transiger avec un nombre minimal d’employés, ce qui augmentait
l’efficacité de ta communication. Le personnel de cabine nous a
fait confiance en assemblée générale lorsque nous avons rapporté la
nouvelle leur demandant de fournir un effort collectif. Tu assumais
ton rôle de patron, nous assumions notre rôle de dirigeant
syndical.
Changement de ton
Que s’est-il donc passé au cours des 20 dernières années pour
qu’aujourd’hui tu martèles sur toutes les tribunes que les
syndicats sont devenus les ennemis à abattre?
Si tu devais devenir premier ministre du Québec, pourquoi te
serait-il si impensable d’établir un partenariat avec les syndicats
de la fonction publique québécoise? Avec 40% de travailleurs
syndiqués, ne veux-tu pas être le premier ministre de tous les
Québécois ? Si ta stratégie est de diviser pour mieux régner, nous
te suggérons de la revoir rapidement.
Si le mouvement syndical est si mauvais pour le Québec, pourquoi
t’entourer du docteur Barrette? Il est le président de la
Fédération des médecins spécialistes. Que ça te plaise ou non, il
s’agit d’un syndicat. À moins que tu ne pratiques un syndicalisme
élitiste, où seuls sont acceptables les syndicats de
professionnels?
Tu dis vouloir du changement pour le Québec. Si tu es sincère,
permets-nous de te donner un conseil en souvenir de notre passé
commun : bâtis avec les syndicats de la fonction publique un
partenariat comme tu as su le faire chez Air Transat. Tu risques de
voler plus haut.