Nouvelle
2012-10-31 11:49
Régis Labeaume s'en prend à deux
employés cols bleus Des propos indignes
du maire d’une grande ville
En point de presse à Québec mercredi matin,
les représentants de cols bleus se sont dits tout simplement
indignés des propos du maire à l'endroit de deux des leurs
Photo Louise Leblanc
En ce qui concerne les deux employés visés par
les propos du maire, il appert que les deux absences sont
pleinement justifiées. Un des deux employés est maintenant en arrêt
de travail pour une semaine sur ordre de son médecin. Quant à
l’autre, il avait été incapable de compléter son quart de travail
samedi en raison de ses malaises (la veille de l’absence dénoncée
par le maire). Le contremaître responsable était d’ailleurs bien au
fait de l’état de santé de ce dernier employé. D’autre part, au
plus tard dimanche matin, la Ville savait que les deux employés en
question ne pourraient assumer leurs quarts qui commençaient
respectivement à 15 et 16 heures.
Du côté syndical, on se demande ce que cherche le maire en jetant
constamment de l’huile sur le feu. «Soit il ne contrôle pas ses émotions et son
caractère, soit il cherche délibérément l’affrontement avec les
cols bleus. Mais dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas
glorieux», a ajouté le président du syndicat affiliés au
Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).
Non sans humour, du côté syndical, on se dit qu’on «va maintenant attendre le moment où le maire
va présenter ses excuses pour mieux recommencer le
lendemain».
Négociations retardées
Prévue pour ce matin, la séance de négociation entre la Ville de
Québec et les cols bleus a été annulée, en raison de la tempête
médiatique. «Nous avons avisé la
conciliatrice que nous ne pourrions être à la table des
négociations ce matin, a précisé le négociateur et
conseiller syndical Eddy Jomphe, ajoutant du même souffle que
«le tout va se poursuivre demain
comme cela était prévu; nous pouvons difficilement vous répondre à
vous les médias et être à la table en même temps.»
Toujours en négociation
Les cols bleus sont au nombre d’environ 1350 et n’avaient pas
exercé de droit de grève depuis plus de 25 ans.
Les rencontres de négociation entre les parties ont repris en
septembre et se déroulent en présence d’une conciliatrice du
ministère du Travail.
Depuis le 24 mai, les cols bleus sont en grève légale des heures
supplémentaires, le tout encadré par les dispositions légales sur
les services essentiels. Ils sont sans contrat de travail depuis le
31 décembre 2010. Les négociations entre les cols bleus et la Ville
de Québec ont commencé en février 2011. En novembre 2011, les cols
bleus ont demandé l’intervention d’un conciliateur du ministère.
Rappelons que les pourparlers entre les parties s’étaient rompus
abruptement le jeudi 12 avril quand les cols bleus avaient
découvert une note interne du directeur général de la Ville
préfigurant des compressions à grande échelle. Tout en
reconnaissant l’existence de ce document, le maire Labeaume en
avait minimisé l’importance disant qu’il ne s’agissait que du
travail « d’un fonctionnaire », rien de plus qu’un « document de
travail ». Le 17 avril, la Ville a tout de même procédé à la mise à
pied de 162 employés auxiliaires.
Cette manœuvre avait été contestée devant la CRT qui avait conclu
qu’il s’agissait d’un lock-out illégal et de représailles à
l’endroit des syndiqués
(http://www.crt.gouv.qc.ca/uploads/tx_crtdecisions/2012_QCCRT_0198_01.pdf).
Tout en notant que la population n’avait pas reçu les services
auxquels elle était en droit de s’attendre, la CRT avait ordonné le
retour au travail des 162 auxiliaires.
Le 17 avril, plus de 950 employés cols bleus ont participé à un
vote secret et ont accordé à leur direction syndicale le mandat de
déclencher la grève au moment jugé opportun.
Autre revers pour la Ville
Le 9 octobre 2012, un arbitre du travail a donné raison au syndicat
des cols bleus dans un litige concernant la sous-traitance d’une
partie de la cueillette des ordures ménagères. La décision porte,
entre autres, sur l’application de la clause 23.02 du contrat de
travail collectif des cols bleus. Cette clause stipule que «
l’employeur s’engage à maintenir la quantité de travaux
actuellement effectués par les employés ».
La sentence arbitrale peut être consultée dans son intégralité à
l’adresse
http://www.scfp.qc.ca/librairies/sfv/telecharger.php?fichier=19598
.
Le SCFP
Comptant plus de 111,000 membres au Québec, le SCFP représente
environ 70% de l’ensemble des employés municipaux au Québec, soit
31,110 membres. Le SCFP est de plus présent dans les secteurs
suivants : les affaires sociales, les communications, l’éducation,
l’énergie, les sociétés d’État et organismes publics, les
transports aérien et urbain, le secteur mixte, ainsi que les
universités.